Crédit photo : Les Truffettes
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Texte de Valérie Martin

Dans le cadre de la Journée internationale des droits de la femme du 8 mars prochain, nous avons souhaité mettre en lumière deux femmes inspirantes de notre région : Maude et Sophie, cofondatrices de Les Truffettes et instigatrices de la filière avec Truffes Québec. Par leur audace, leur rigueur et leur vision profondément ancrée dans le territoire, elles contribuent à écrire les premières pages de l’histoire truffée du Québec. Leur parcours incarne avec force la détermination, la collaboration et l’innovation qui animent les femmes entrepreneures du milieu bioalimentaire.

Rendre la truffe vivante, concrète et joyeuse

L’idée des Truffettes est née d’un paradoxe : la trufficulture faisait parler d’elle au Québec, mais le plaisir, le goût et l’émotion liés à la truffe demeuraient rares, presque inaccessibles. Déjà engagées dans le développement de la filière avec Truffes Québec, Maude et Sophie ont saisi une évidence : pour susciter l’adhésion, il fallait d’abord provoquer la rencontre, permettre de goûter le territoire. Les Truffettes ont ainsi vu le jour avec la volonté de rendre la truffe d’ici accessible, tangible et festive, avant même l’arrivée des grandes récoltes. Tandis que Truffes Québec structure la recherche, l’expertise scientifique et l’accompagnement des producteurs, Les Truffettes incarnent la dimension gourmande et sensible de cette richesse encore méconnue.

Contribuer aux « premières pages de l’histoire truffée du Québec », pour elles, signifie bâtir ce qui n’existait pas encore. Hier, aucun produit gourmand issu de truffes indigènes d’ici, aucun imaginaire collectif pour raconter cette ressource. Aujourd’hui, nous assistons à l’émergence d’un récit. Elles documentent, expérimentent, éduquent et ouvrent des voies, autant pour les producteurs que pour le grand public.

Crédit photo : Les Truffettes

Un duo complice, enraciné dans des valeurs fortes

Maude et Sophie ne sont pas devenues partenaires par hasard. Après près de vingt ans à évoluer côte à côte dans l’industrie pharmaceutique, elles ont cultivé une complémentarité naturelle, une rigueur affirmée et une confiance profonde. D’abord collègues, puis amies, elles avancent aujourd’hui comme partenaires d’affaires, portées par bien plus que leurs compétences. Nous découvrons un socle de valeurs communes, soient l’authenticité, l’ancrage au territoire et le féminisme, qui façonne leur équilibre entre intuition, exigence et passage à l’action.

« Le 8 mars, pour nous, ce n’est pas seulement une journée de célébration, c’est un rappel : on a le droit d’oser, de décider et de prendre notre place, sans demander la permission. »
Maude et Sophie, copropriétaires de Les Truffettes

La truffe des Appalaches : goûter le territoire

Pour ceux et celles qui n’ont jamais cuisiné la truffe, la truffe des Appalaches est une révélation ! Truffe d’automne, de couleur cannelle, elle est plus douce et accessible que certaines truffes européennes. Ses arômes sont boisés, beurrés, parfois légèrement noisette, avec une profondeur élégante, sans agressivité. Son ancrage est également ce qui la rend unique, car elle pousse ici, en symbiose avec nos forêts. La goûter, c’est goûter littéralement le territoire. Démystifier la truffe fait partie intégrante de leur mission. Le mythe le plus répandu ? Que la truffe est réservée à une élite ou à une cuisine compliquée.

Pour tomber en amour avec la truffe québécoise, elles recommandent de commencer par un produit facile, du quotidien, dont la mayonnaise truffée ou l’huile truffée. Sur des frites, des œufs, des légumes, une salade, un tartare ou même un simple, « mac & cheese », la magie opère. La truffe n’est pas compliquée. Elle est simplement bonne. Leur astuce préférée pour « libérer » la truffe ? Une purée de pommes de terre, des légumes rôtis ou un burger bien simple, rehaussé d’une cuillerée de mayonnaise truffée ou de quelques gouttes d’huile en finition. Des plats réconfortants du quotidien qui deviennent instantanément « wow ». Leur ambition est de démontrer que la truffe d’ici peut être conviviale, généreuse et rassembleuse.

 

Crédit photo : Les Truffettes

Trois ans de recherche pour respecter l’essence

Derrière la simplicité des produits se cachent plus de trois ans de passion et de recherche. Le premier défi a été de comprendre la matière première, soit la truffe est vivante, complexe, fragile. Elle ne réagit pas comme un ingrédient classique. Ensuite, il a fallu apprendre à la transformer sans la dénaturer. Maîtriser les procédés, les dosages, la conservation, tout en respectant des normes strictes. À cela s’ajoutait un défi culturel : expliquer, éduquer et rassurer face à un produit encore méconnu.

Leur approche ? Faire exactement l’inverse de la surenchère. Ne pas en mettre trop. Travailler avec peu d’ingrédients, des bases simples, pour que la truffe reste la vedette . Pour elles, la qualité est une forme d’exigence.

De gauche à droite : Sophie Devost, Jérôme Quirion (Truffes Québec) et Maude Lemire-Comeau Crédit photo : Les Truffettes

Un outil signature pour les chefs, détaillants et partenaires

Du côté du service alimentaire, les produits à la truffe des Appalaches deviennent de véritables outils de signature. Utilisée en petites touches, elle apporte profondeur et raffinement sans voler la vedette au plat. Beurres ou huiles de finition, sauces blanches, purées, risottos, œufs, légumes racines, pâtes, pizzas, certains desserts, les usages sont multiples.

Pour les épiceries fines, ce sont des produits vedettes faciles à conseiller, qui permettent au client de vivre une expérience truffée à la maison, sans complexité, avec un excellent rapport plaisir-usage. Surtout, ils racontent une histoire locale dont on peut être fier.

Entrepreneuriat au féminin : rigueur, agilité et liberté

Passer d’un univers corporatif très structuré à celui d’une PME en démarrage n’a pas été sans surprises. Perfectionnistes, issues d’un milieu riche en règle et en ressources, elles ont dû apprendre l’agilité. Conserver la qualité, mais accepter que tout ne soit pas parfait. Avancer plutôt que, peaufiner indéfiniment.

Parmi les forces qu’elles associent à leur duo, et qu’elles observent souvent chez les femmes entrepreneures, il y a la capacité à conjuguer vision, sensibilité et intuition, à prendre des décisions stratégiques sans perdre l’humain de vue. À celles qui rêvent de lancer un produit gourmand « premium » au Québec, leur conseil est limpide : maîtriser son produit, s’entourer de partenaires solides, rester humble, mais fière, et ne pas attendre d’être parfaite pour se lancer . «Le premium, ce n’est pas la perfection. C’est la cohérence et l’authenticité !», mentionnent-elles.

Les Truffettes ne font pas que transformer un ingrédient rare. Elles transforment notre regard sur ce que le Québec peut produire, avec audace, rigueur et sensibilité.

Retrouvez Les Truffettes en ligne, sur leur boutique, dans plusieurs épiceries fines à travers le Québec et lors d’événements gourmands. Elles partagent également recettes, coulisses et évolution de la filière sur leurs réseaux sociaux.

Ce texte est le fruit d’une collaboration entre Créateurs de saveurs et le Conseil de l’industrie bioalimentaire de l’Estrie (CIBLE):

Créateurs de saveurs Cantons-de-l’Est

Conseil de l’industrie bioalimentaire de l’Estrie (CIBLE)

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